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Le kava, connu (au minimum) depuis des siècles par les îliens, est en fait
la racine du poivrier sauvage, (piper methysticum, pipéracées) qui ne pousse qu'au Vanuatu (ex-Nouvelles-Hébrides) et dans quelques îles avoisinantes. Si la plante n'est qu'un arbuste d'apparence assez chétive, sa racine est énorme et pèse dans les 10 kg, exceptionnellement jusqu'à 15 kg. Il peut être mâché, rapé ou consommé sous forme d'infusion et produit une boisson appelée à tort «thé au kava».
Préparation
La matière première de la boisson est constituée par les racines de Piper methysticum. Celles-ci sont massives et épaisses, de couleur grisâtre, de texture spongieuse et pèsent de 1 à 10 kg. Leur chair fibreuse accumule un jus jaunâtre, sorte de résine insoluble dans l'eau.
Traditionnellement, les racines épluchées puis découpées en morceaux étaient préalablement mastiquées par des personnes choisies, souvent des jeunes filles vierges, jusqu'à ce qu'il ne reste que des résidus végétaux contenant la résine. Ces derniers étaient ensuite mis à tremper dans l'eau, donnant un liquide à l'aspect de café au lait. Après filtration, le liquide au goût amer et désagréable était bu par les hommes selon un rituel bien établi (la consommation de kava-kava était interdite aux femmes).
Aujourd'hui, on écrase les racines découpées en morceaux entre deux pierres ou on les râpe avant de les mettre à macérer dans l'eau mais l'utilisation d'une broyeuse mécanique est de plus en plus fréquente. La masse obtenue est ensuite malaxée dans l'eau et on exprime le jus à travers un linge pour le filtrer. Le breuvage obtenu est une fine émulsion de résine dans l'eau dont la puissance dépend de la variété utilisée et de la qualité de la préparation. La dose habituelle est le contenu d'une demi noix de coco mais de nombreux amateurs consomment plusieurs doses par jour
Effets
Le kava a un goût amer et astringent et laisse sur la langue une sensation d'anesthésie. Il est apprécié pour son odeur rappelant celle de la réglisse. Une dose d'environ un quart de litre prise à jeun détermine au bout d'une vingtaine de minutes un état de relaxation caractérisé par une sensation de bien-être paisible, légèrement euphorique, et par une impression de réceptivité intellectuelle. En outre, l'élocution se trouve facilitée. À doses plus importantes, le kava détermine une sorte de narcose plus ou moins marquée se traduisant par de la somnolence, puis par l'endormissement. La durée du sommeil est variable de deux à huit heures. Le kava constitue ainsi un agent anti-stress reconnu mais, à doses élevées, la pupille dilatée (mydriase) et hyporéactive produit une photophobie et des signes similaires à ceux d'une légère ivresse alcoolique apparaissent. Certaines variétés donnent au réveil une sensation similaire à la "gueule de bois" mais les meilleures variétés ont été sélectionnées pour ne pas présenter cet effet désagréable. Les kavas les plus puissants peuvent exercer leur effet pendant plus d'une journée. L'action du kava potentialise les effets de l'alcool et des barbituriques.
Mariki
